Mercredi prochain, Barack Obama se fera élire président des Etats-Unis. Est-il encore utile de revenir sur l'événement ? Sans doute.
J'étais aux Etats-Unis en décembre. J'y ai rencontré des dizaines d'acteurs de la campagne américaine, pour tenter de saisir ce qui s'y est passé, comment s'est organisé le mouvement incroyable qui a soutenu cette candidature unique. Unique pas uniquement à cause de la personnalité du candidat, mais unique car la première vraie campagne de l'ère du web. Chaque personne que nous rencontrions ( à part quelques grincheux, qui avaient quelque chose à pedrdre) nous disait la même chose : nous sommes entrés dans une nouvelle ère.
La nouvelle ère de la politique, c'est évidemment celle du web. Nous avons, de ce point de vue, dépassé l'époque de l'élection de 2004, où internet et la mobilisation de blogueurs, d'internautes connectés, avait fait surgir la candidature d'Howard Dean. Le web était la surprise, en 2008, il était le coeur de la campagne. Pas un terrain de plus, mais le lieu de l'essentiel, l'espace central.
Cela a-t-il servi à quelque chose ? Oui. Au-delà de permettre l'élection d'un candidat inconnu quelques mois auparavant, un noir, un candidat brillant (tant dans ses discours que dans ses compétences), cette campagne a surtout été le moment d'un réinvestissement profond des américains dans la chose publique. Le taux de participation a frôlé un record historique, dans un pays où elle était en baisse continue. Et surtout, ce sont des millions d'américains qui se sont mobilisés, ont agi, dans tous les sens, dans cette campagne.
1,2 millions. C'est le nombre de personnes qui ont mené des actions de terrain dans la campagne d'Obama. Pensez à l'armée rouge, à l'éducation nationale. Ils ont frappé à la porte de 68 millions de maisons américaines pour porter la bonne parole du candidat. Comment constituer une armée aussi nombreuse, en quelques mois, l'organiser ? Cela aurait été impossible sans le web.
La nouveauté, ce n'est donc pas le web, mais la constitution d'un immense réseau de soutien, largement autonome à la base, se mobilisant librement, simplement, facilement, grâce au réseau humain, au "human network" qu'a permis le web, et particulièrement le site mybarackobama.com.
Le président est désormais élu. D'ores et déjà, il annonce qu'il gouvernera autrement, avec le web. Rendant compte, écoutant son réseau de soutiens et citoyens actifs et vigilants en ligne. Il monte une opération de crowdsourcing, veut que les sites gouvernementaux soient des lieux de dialogue autour des réformes, souhaite inclure cette foule en attente. Nous voilà, en 2009, à observer un exemple, celui du gouvernement de citoyens en réseaux.
Alors, le web peut-il changer profondément la politique ? Les campagnes électorales ? La manière de gouverner ? Comment peut-on inclure ces internautes qui forment un réseau hyperactif, mobilisé, en attente ? Comment mobiliser la foule autour de ses idées ? La campagne américaine de 2008 annonce-t-elle une nouvelle ère pour la politique, celle du réseau ?
Obama est certes noir, mais il n'en reste pas moins un américain.
Il ne changera quelque chose que si - et seulement si - cela permet aux USA de rester dans la course.
Faire de la "Com" autours des outils, c'est cacher le manque de fond.
Nous connaissons bien cela en France ...
De la com, rien que de la com pour cacher les vérités criantes sur les problèmes qui nous attendent ...
Les promesses de campagnes n'engagent que ceux qui y croient ...
Frédéric cotta