Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, a proposé il y a quelques jours de pouvoir prendre en compte les origines ethniques des personnes interrogées dans les enquêtes d’opinion, sur la base du volontariat. Et ce, en vue de construire une politique ethnique. Une commission a été créée à cet effet et doit rendre ses conclusions en juin prochain. Cela pose la question de la mesure de la diversité, et donc, de la définition de la diversité elle-même.
Une notion trop floue
Car la diversité est une notion floue, non définie, qui pose problème dans sa définition. Parle-t-on d’une diversité au niveau du phénotype, du sexe, des origines ? Est-ce un simple regroupement de communautés ou au contraire l’absence de communautés ? Au-delà du politiquement correct, il conviendrait de définir ensemble cette notion afin d’éviter les écueils du communautarisme, de la discrimination, de l’intolérance. Pour respecter cette diversité et construire une culture commune, qui prenne en compte les différentes cultures présentes.
Une "affirmative action" à la française ?
La question se pose de savoir si l’on doit légiférer afin d’éviter toute discrimination, notamment dans le monde du travail. Dans plusieurs pays, des séries de mesure ont été prises pour diminuer la discrimination à l’emploi, telles l’"affirmative action" aux Etats-Unis ou l'"embauche équitable" en Afrique du Sud. Mais il faut prendre en compte les spécificités de la France, sa culture, son histoire, et l’on ne peut calquer ces modèles au contexte français. Doit-on alors légiférer et instaurer une "discrimination positive" pour empêcher les entreprises de pratiquer une discrimination à l’embauche ? Y a-t-il d’autres moyens d’instaurer un meilleur respect de la diversité ?
Pensez-vous que la diversité soit respectée au quotidien ? Doit-on obligatoirement légiférer pour instaurer un respect mutuel et éviter toute discrimination ? Peut-on construire une culture commune tout en respectant cette diversité ?
Le monde a publié un bel article d' Ester Benbassa à ce sujet.
Plutôt que de se demander si la diversité est respectée, pourquoi ne pas essayer de la mesurer.
Ainsi, nous échapperions au subjectif, nous sortirions des témoignages et des ressentis.
En l'état, les seules actions proposées ne peuvent et ne doivent s'appuyer que sur des constats d'inégalités sociales parce que ce sont les seuls indicateurs dont on dispose. La question que l'on peut se poser ensuite est de savoir si la réduction des inégalités sociales entraine forcément une égalité des chances faisant abstraction de la couleur de la peau puisque c'est ce dont il s'agit.
Je ne le pense pas, tout comme je ne pense pas que seuls les pauvres soient ou se sentent discriminés.
Alors affrontons nos fantômes.
Quand à la discrimination positive qui, comme tout autre action ne peut trouver sa justification que dans le cadre d'un"comptage ethnique", elle existe déjà en France avec les lois sur la parités.
amicale